Jeudi dernier, Spotify annonçait son entrée sur le marché des États-Unis. Tandis que depuis 2008, le service légal d’écoute et d’échange de musique en ligne se déployait à travers l’Europe, l’Amérique, elle, en restait privée.

Spotify en bref
Spotify permet à ses utilisateurs d’accéder instantanément à un répertoire de 15 millions de titres en transmission (streaming) à partir de leur ordinateur ou de leur téléphone portable. Le service propose une offre gratuite entrecoupée de publicité et deux offres payantes, sous forme d’abonnements mensuels.
Depuis son lancement en 2008, le nombre d’utilisateurs de Spotify ne cesse de croître à travers l’Europe : la compagnie suédoise estime avoir plus de dix millions d’utilisateurs dans sept pays (Suède, Norvège, France, Finlande, Royaume-Uni, Espagne et Pays-Bas), dont plus de 1,6 millions d’abonnés payants. Spotify est préféré à d’autres systèmes tels Pandora ou Rhapsody, voire même à l’iTunes d’Apple, et il domine le marché partout où il est accessible. À l’échelle mondiale, il est maintenant le deuxième plus important service de musique, juste après iTunes. Son succès repose notamment sur le vaste répertoire auquel il donne accès, sur le partage qu’il permet entre ses utilisateurs et sur l’exploitation qu’il fait des nouvelles technologies.
De la propriété à l’accès
Pour écouter une chanson à partir d’iTunes ou d’une autre boutique en ligne, il faut la posséder. On achète un fichier MP3, que l’on doit stocker sur son disque dur, son lecteur MP3 ou son téléphone mobile, de la même façon qu’on achète un vinyle, une cassette ou un CD. Sur Spotify, l’utilisateur ne possède pas les chansons qu’il veut écouter. Il acquiert plutôt un accès à un répertoire d’oeuvres musicales en transmission, beaucoup plus vaste que la musicothèque dont il pourrait jamais espérer devenir propriétaire. Les 15 millions de titres que contient le répertoire de Spotify sont accessibles en ligne et quiconque possède un compte Spotify peut les écouter d’un ordinateur, d’un système de son ou d’un téléphone mobile, où qu’il soit. Pas de téléchargement, pas de stockage, juste une immense collection de chansons en ligne, qui vous suit partout. Pour ceux qui souhaitent avoir accès à leur musique sans connexion internet, les abonnements premium permettent de télécharger les pièces disponibles sur Spotify.
Le partage
Spotify donne aussi à ses utilisateurs la possibilité d’entrer en contact entre eux, de se recommander des oeuvres, de partager des listes de chansons, etc. Ils peuvent même se connecter sur Facebook via Spotify pour partager leur musique avec leurs amis. L’aspect social de Spotify lui assure sa rapide expansion. Le service de musique compte d’ailleurs se servir de Facebook pour se faire connaître aux États-Unis. Un projet commun avec le réseau social aurait même été évoqué.
L’exploitation adéquate des nouvelles technologies
On l’aura compris, Spotify se distingue des autres services de musique par la logique de consommation qu’il met de l’avant. Le service mise sur la possibilité d’écouter la musique de son répertoire en transmission, un mode de consommation que les internautes préfèrent au téléchargement, selon de récentes études et tel qu’il en était question dans ce billet. La transmission permet en effet d’écouter une plus grande diversité d’oeuvres musicales, partout et en tout temps.
De plus, Spotify se sert de la technologie pair-à-pair (P2P), notamment utilisée par les réseaux d’internautes qui piratent de la musique. Dans un système pair-à-pair, chaque utilisateur devient également un serveur. Tous les utilisateurs participent à la transmission des oeuvres, ce qui a pour résultat de désengorger le serveur central et d’augmenter l’efficacité du système.
Une alternative au piratage
Ainsi, Spotify s’inspire des pratiques qui se développent sur Internet, plutôt que de reproduire les pratiques d’écoute de la musique telles qu’on les connaît hors ligne. En étant à l’écoute des internautes et en s’harmonisant avec leurs pratiques, Spotify se présente comme une alternative au piratage. Il s’agit d’une offre légale qui répond aux habitudes qu’ont développées les mélomanes en ligne et qui surpasse les réseaux de piratage au niveau de l’accès, de l’efficacité, de la simplicité et de la qualité de l’expérience. Pourquoi pirater, quand on nous donne légalement accès à ce que l’on recherche, gratuitement ou pour une somme dérisoire?
La rémunération
Tout en concurrençant le piratage, le système parvient à respecter la propriété intellectuelle des oeuvres et rémunère les ayants droits. Spotify a en effet conclu des ententes avec les quatre grandes « majors » de même qu’avec des sociétés collectives de gestion de droits d’auteur à travers le monde pour assurer que les ayants droits soient compensés pour l’utilisation qui est faite de leurs oeuvres. Des critiques ont tout de même été émises à propos de la façon dont Spotify rémunère les ayants droits. La société paie un montant relatif au nombre de fois qu’une oeuvre est jouée, un montant qui ne serait pas suffisamment élevé, selon certains. D’autres soutiennent que Spotify devrait payer sur la base d’un pourcentage de ses revenus publicitaires et d’abonnement. Quoi qu’il en soit, il semble que Spotify paie davantage que d’autres services de musique en ligne, Rhapsody par exemple.
L’avenir
Au-delà de ces critiques, il reste que Spotify est l’une des rares initiatives dans l’industrie de la musique qui soit tournée vers l’avenir. Le service offre d’intéressantes perspectives en matière de rentabilisation de l’écoute de la musique en ligne. Il est également plus à même que d’autres services d’aller rejoindre le public là où il se trouve et de contrer le piratage, en ce qu’il s’accorde avec les pratique réelles des internautes à l’égard de la musique et offre une plus-value par rapport au téléchargement illégal. Qui plus est, Spotify est en croissance, fait rare pour une entreprise dans le domaine de la musique ces dernières années et preuve que le service répond à une demande réelle du côté des mélomanes.
Bref, Spotify a réussi son entrée sur le marché américain, signe que les mentalités évoluent dans l’industrie de la musique et que les avancées sont possibles, si l’on s’ouvre à d’autres avenues.
À votre avis, l’arrivée de Spotify au Canada serait-elle souhaitable?
Joëlle.
Spotify
Jeudi dernier, Spotify annonçait son entrée sur le marché des États-Unis. Tandis que depuis 2008, le service légal d’écoute et d’échange de musique en ligne se déployait à travers l’Europe, l’Amérique, elle, en restait privée.
Spotify en bref
Spotify permet à ses utilisateurs d’accéder instantanément à un répertoire de 15 millions de titres en transmission (streaming) à partir de leur ordinateur ou de leur téléphone portable. Le service propose une offre gratuite entrecoupée de publicité et deux offres payantes, sous forme d’abonnements mensuels.
Depuis son lancement en 2008, le nombre d’utilisateurs de Spotify ne cesse de croître à travers l’Europe : la compagnie suédoise estime avoir plus de dix millions d’utilisateurs dans sept pays (Suède, Norvège, France, Finlande, Royaume-Uni, Espagne et Pays-Bas), dont plus de 1,6 millions d’abonnés payants. Spotify est préféré à d’autres systèmes tels Pandora ou Rhapsody, voire même à l’iTunes d’Apple, et il domine le marché partout où il est accessible. À l’échelle mondiale, il est maintenant le deuxième plus important service de musique, juste après iTunes. Son succès repose notamment sur le vaste répertoire auquel il donne accès, sur le partage qu’il permet entre ses utilisateurs et sur l’exploitation qu’il fait des nouvelles technologies.
De la propriété à l’accès
Pour écouter une chanson à partir d’iTunes ou d’une autre boutique en ligne, il faut la posséder. On achète un fichier MP3, que l’on doit stocker sur son disque dur, son lecteur MP3 ou son téléphone mobile, de la même façon qu’on achète un vinyle, une cassette ou un CD. Sur Spotify, l’utilisateur ne possède pas les chansons qu’il veut écouter. Il acquiert plutôt un accès à un répertoire d’oeuvres musicales en transmission, beaucoup plus vaste que la musicothèque dont il pourrait jamais espérer devenir propriétaire. Les 15 millions de titres que contient le répertoire de Spotify sont accessibles en ligne et quiconque possède un compte Spotify peut les écouter d’un ordinateur, d’un système de son ou d’un téléphone mobile, où qu’il soit. Pas de téléchargement, pas de stockage, juste une immense collection de chansons en ligne, qui vous suit partout. Pour ceux qui souhaitent avoir accès à leur musique sans connexion internet, les abonnements premium permettent de télécharger les pièces disponibles sur Spotify.
Le partage
Spotify donne aussi à ses utilisateurs la possibilité d’entrer en contact entre eux, de se recommander des oeuvres, de partager des listes de chansons, etc. Ils peuvent même se connecter sur Facebook via Spotify pour partager leur musique avec leurs amis. L’aspect social de Spotify lui assure sa rapide expansion. Le service de musique compte d’ailleurs se servir de Facebook pour se faire connaître aux États-Unis. Un projet commun avec le réseau social aurait même été évoqué.
L’exploitation adéquate des nouvelles technologies
On l’aura compris, Spotify se distingue des autres services de musique par la logique de consommation qu’il met de l’avant. Le service mise sur la possibilité d’écouter la musique de son répertoire en transmission, un mode de consommation que les internautes préfèrent au téléchargement, selon de récentes études et tel qu’il en était question dans ce billet. La transmission permet en effet d’écouter une plus grande diversité d’oeuvres musicales, partout et en tout temps.
De plus, Spotify se sert de la technologie pair-à-pair (P2P), notamment utilisée par les réseaux d’internautes qui piratent de la musique. Dans un système pair-à-pair, chaque utilisateur devient également un serveur. Tous les utilisateurs participent à la transmission des oeuvres, ce qui a pour résultat de désengorger le serveur central et d’augmenter l’efficacité du système.
Une alternative au piratage
Ainsi, Spotify s’inspire des pratiques qui se développent sur Internet, plutôt que de reproduire les pratiques d’écoute de la musique telles qu’on les connaît hors ligne. En étant à l’écoute des internautes et en s’harmonisant avec leurs pratiques, Spotify se présente comme une alternative au piratage. Il s’agit d’une offre légale qui répond aux habitudes qu’ont développées les mélomanes en ligne et qui surpasse les réseaux de piratage au niveau de l’accès, de l’efficacité, de la simplicité et de la qualité de l’expérience. Pourquoi pirater, quand on nous donne légalement accès à ce que l’on recherche, gratuitement ou pour une somme dérisoire?
La rémunération
Tout en concurrençant le piratage, le système parvient à respecter la propriété intellectuelle des oeuvres et rémunère les ayants droits. Spotify a en effet conclu des ententes avec les quatre grandes « majors » de même qu’avec des sociétés collectives de gestion de droits d’auteur à travers le monde pour assurer que les ayants droits soient compensés pour l’utilisation qui est faite de leurs oeuvres. Des critiques ont tout de même été émises à propos de la façon dont Spotify rémunère les ayants droits. La société paie un montant relatif au nombre de fois qu’une oeuvre est jouée, un montant qui ne serait pas suffisamment élevé, selon certains. D’autres soutiennent que Spotify devrait payer sur la base d’un pourcentage de ses revenus publicitaires et d’abonnement. Quoi qu’il en soit, il semble que Spotify paie davantage que d’autres services de musique en ligne, Rhapsody par exemple.
L’avenir
Au-delà de ces critiques, il reste que Spotify est l’une des rares initiatives dans l’industrie de la musique qui soit tournée vers l’avenir. Le service offre d’intéressantes perspectives en matière de rentabilisation de l’écoute de la musique en ligne. Il est également plus à même que d’autres services d’aller rejoindre le public là où il se trouve et de contrer le piratage, en ce qu’il s’accorde avec les pratique réelles des internautes à l’égard de la musique et offre une plus-value par rapport au téléchargement illégal. Qui plus est, Spotify est en croissance, fait rare pour une entreprise dans le domaine de la musique ces dernières années et preuve que le service répond à une demande réelle du côté des mélomanes.
Bref, Spotify a réussi son entrée sur le marché américain, signe que les mentalités évoluent dans l’industrie de la musique et que les avancées sont possibles, si l’on s’ouvre à d’autres avenues.
À votre avis, l’arrivée de Spotify au Canada serait-elle souhaitable?
Joëlle.